dimanche 11 février 2018

1- Voyage des 1ère dans le Maine

Lycée International Nelson Mandela

Dans quelques semaines, les élèves de 1ere SIA partiront en Nouvelle Angleterre (après une arrivée à Boston, ils iront dans le Maine). Le lien entre Nantes et les Etats Unis est ancien et l'historien Jean Bourgeon (venu lors d'une conférence au lycée) s'est proposé de nous en relater l'historique. Ainsi, pour préparer le voyage des élèves de 1ere, il nous propose une petite série d'articles sur Nantes et les Etats Unis.
Aujourd’hui, commençons avec le XVIII° et un petit rappel sur ce que l’on appelait les « américains » à l’époque.

Au 18e siècle : « Américains », Acadiens, Bostoniens, Insurgents…
Les « Américains »
Quand on parle des « Américains » à Nantes au 18e siècle, il s’agit des planteurs des « Isles d’Amérique » et en particulier ceux de l’île de Saint-Domingue (Haïti aujourd’hui) dont certains sont tantôt sur leurs plantations, exploitées par des esclaves d’origine africaine, tantôt dans leurs domaines nantais. Il en va ainsi de Jacques Cottin dit l’Américain et de Anne-Pierre Coustard de Massy (Coustard l’Américain) tous les deux nés à Saint-Domingue et qui jouèrent un rôle important à Nantes pendant la Révolution. Ils furent élus députés du tiers-état aux Etats généraux en 1789. Coustard fut ensuite député à l’assemblée Législative et à la Convention. En juin 1793 il participa à la défense de Nantes attaquée par l’armée vendéenne. Opposé à Carrier, celui-ci le fit arrêter et l’envoya prisonnier à Paris où il finit sur l’échafaud le 6 novembre 1793.
Bien que favorables à l’esclavage des « Nègres » comme on disait alors, tous les deux approuveront et défendront (au prix de sa vie pour Coustard) la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Esprits « éclairés » ayant lu les philosophes (Diderot, Voltaire, Rousseau…) ils combattirent contre l’absolutisme monarchique sur le plan politique mais aussi contre « l’obscurantisme » se faisant les propagateurs des sciences nouvelles. Ainsi le 14 juin 1784 Coustard et l’abbé Mouchet, professeur de Physique au collège de l’Oratoire à Nantes, montèrent dans une montgolfière de leur fabrication. Sept mois après la première ascension réalisée par Pilâtre de Rozier leur engin, le Suffren, s’éleva depuis l'hospice des Enfants trouvés (près de l’actuel Jardin des plantes) devant 8 000 Nantais et atterrit au bout d'une heure, 40 km plus à l’est, à Gesté. Les deux hommes vécurent bien des émotions fortes pendant ce voyage et l’événement fut chansonné :
As-t- vu Jeannette
Coustard et Mouchette ?
Nous saluant de leur drapeau
Jarnigou, dame c’était beau !
Qui devint, braillé dans les rues :
As-tu vu Jeannette
Coustard et Mouchette ?
Ils ont c… dans leur ballon
Oh ! les deux fichus cochons !
Cela n’empêcha pas Coustard de récidiver le 6 septembre suivant avec le négociant Deluynes. Cette fois-ci, poussé par un vent d’est le ballon s’en alla atterrir à Fay (paroisse voisine de Notre-Dame des Landes)
Gravure représentant l’ascension du Suffren avec ses deux passagers Coustard et Mouchet saluant la foule (ABMN)

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