dimanche 11 février 2018

2- Les acadiens

Lycée International Nelson Mandela

Deuxième épisode de la série sur Nantes et les américains : Le XVIII° : Les acadiens!
Les réfugiés de l’Amérique : les Acadiens 
L’Amérique au 18e siècle à Nantes est aussi synonyme de réfugiés. Colonie française, l’Acadie (région située au sud de l’estuaire du fleuve Saint-Laurent) est cédée à l’Angleterre à l’occasion du traité d’Utrecht en 1713. N’appréciant guère leurs nouveaux maîtres les Acadiens font souvent cause commune avec les populations amérindiennes de la région qui combattent les Anglais. En 1755, préparant la conquête du Québec (qui interviendra aussitôt après à l’occasion de la guerre de Sept Ans) les Anglais déportent la population francophone de l’Acadie, soit 18 000 personnes. Ce « grand dérangement » occasionne la mort d’environ 8 000 individus. Les Acadiens sont déportés certains dans les colonies anglaises d’Amérique (Virginie, Géorgie, Caroline, Maryland…) ; maltraités ils y survivent difficilement mais quelques uns arrivent à gagner Saint-Domingue. Les autres sont emmenés en Angleterre où ils restent prisonniers jusqu’à la fin de la guerre de Sept Ans (1763) quand Louis XV les fait libérer. Le roi leur promet des secours, ainsi que leur installation en France et s’engage à rembourser leurs dettes et une partie de leur solde à l'Angleterre. Il les rapatrie ensuite en France à Belle-Ile, dans le Poitou et à Chantenay aux portes de Nantes.A partir de 1775, la proximité du port fait de Chantenay un lieu de transit pour tous les Acadiens réfugiés en France qui espèrent regagner l’Amérique. Les Acadiens du Poitou (environ 1300) arrivent à Nantes en bateaux par la Vienne et la Loire en 1775 - 1776. En 1785, un accord entre le roi d'Espagne et Louis XVI permet à 1 600 Acadiens de repartir outre-Atlantique depuis Nantes et Paimboeuf en direction de la Louisiane sur 7 navires. Ils sont à l’origine de la culture acadienne, « cajun » dans la prononciation locale, de Louisiane. Tous ne tentèrent pas l’aventure américaine. Ceux-là se fixèrent définitivement à Nantes.On les retrouve dans les archives de l’Etat-civil comme cordonniers, journaliers, domestiques, marins, tailleuses, laveuses et surtout, de plus en plus au fil du temps, veuves, avec ce que cela implique de dépendance et de misère. Alors les Acadiens qui se sont donné un « syndic » pétitionnent pour obtenir de l’aide. Ils s’appuient sur un décret de février 1791 affirmant un devoir d’assistance à des citoyens présentés comme des victimes de l’Ancien Régime. La fraternité aura parfois quelque mal à se concrétiser vis-à-vis ce ces réfugiés acadiens d’autant que d’autres « américains » sollicitent aussi l’aide publique : les colons de Saint-Domingue chassés de leur île par la révolte des esclaves en août 1791.« Américain » rime alors avec déraciné.La fresque dite « des Acadiens » à Chantenay est réalisée en 1993 par le peintre américain Robert Dafford, en mémoire de ces Acadiens qui ont séjourné à Nantes pendant 10 ans. Cette peinture (commande de la ville de Nantes) fait partie d'un ensemble mémorial puisqu'une autre fresque est terminée par le même peintre, à Saint-Martinville en Louisiane en 1999. Elle commémore l'arrivée des Acadiens dans cette ville après leur période d'exil en France

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